A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 263
l’engrais et qui s’engraissaient dans mon parcours.Chaque semaine, il venait prendre les trois ou quatremeilleurs pour les revendre ou les abattre moyennant50 c. par tête, ce qui payait mes frais. A l’arrivée del’hiver, ils avaient tous disparu.
Telle est, monsieur, la série des faits par lesquels jesuis arrivé à mettre cette ferme dans l’état où vous lavoyez. J’ai rétabli un jardin et un verger, le toutplanté de bonnes espèces d’arbres à fruit. J’ai aug-menté le pré de quatre journaux et disposé convena-blement les irrigations. La place que j’avais distraiteà cet effet des terres arables leur a été un peu plus querestituée par l’adjonction de la pâture de cinq jour-naux que j’ai fait rentrer dans leur cadre. Je cultiveainsi en trois soles 96 journaux. Mais sur celle desti-née à l’avoine, j’en prélève six pour être semés entrèfle. Ce trèfle tient donc dans la sole la place del’avoine, et il est rendu l’année suivante à la sole dela jachère. Il sert de pâture au premier printemps,mais après l’avoir rompu, j’en sème l’emplacementenblé sarrasin, dont il m’est arrivé de récolter jusqu’à50 hectolitres et jamaismoins de 30, après quoi je fumelégèrement et ressème le blé par lequel le terrainrentre dans la sole du blé d’hiver.
Après la moisson, tout ou partie de cette sole estlabouré légèrement, excepté ce qu’occupe le jeunetrèfle pour être semé en raves. Ce trèfle ne revientdonc que tous les 16 ans sur le même emplacement etles raves tous les trois ans, à peu de chose près.
En dehors de ce cadre , il me reste les onze jour-naux écobués, sur lesquels j’en recueille trois et demien blé, autant en pommes de terre et autant en colza,