264 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
et quelquefois du trèfle, ainsi que du chanvre et desraves.
Je n’ai plus à labourer en jachère que les 25 jour-naux que je prépare pour le blé, déduction faite de laplace du trèfle, puisqu’elle porte du sarrasin et ne selaboure que deux fois. Je dérobe ainsi cette récoltede même que celle des raves qui succèdent au blé.
J’opère mes travaux avec six chevaux ; j’ai de plusun poulain de deux ans et un d’un an. La vacheriecompte dix à douze têtes adultes et trois ou quatregénisses ; mais il m’arrive d’engraisser jusqu’à quinzetêtes de bétail, outre les porcs pour consommer mespommes de terre et le sarrasin que je récolte. J’avaisd’abord commencé par mêler ce grain dans son étatde crudité avec les pommes de terre cuites, mais de-puis j’ai trouvé un grand profit à le mêler dans lachaudière avec les pommes de terre, et à l’y faire cuireà grande eau jusqu’à ce que l’enveloppe en soit cre-vée. Il gonfle beaucoup ; les animaux mangent mieuxcette provende, et leur engrais en est plus prompt etplus complet.
Cet ordre de culture donne, il est vrai, beaucoupplus d’occupations et de travail que celui d’une sim-ple culture à trois soles, mais la combinaison n’en estcependant pas difficile, car la succession des travauxet des récoltes n’est pas d.e nature à s’enchevêtrer ni àse présenter à la fois. II me faut cependant un valetet une servante de plus qu’un autre fermier n’en au-rait besoin.
Enfin, monsieur, j’ai par devers moi deux preuvesirrécusables de l’avantage des améliorations que j’aiopérées : la première, c’est que j’y ai gagné ; la se-