A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 291
la région du sud-est comprend encore deux arrondis-sements qui appartiennent à la" chaîne jurassique etqui terminent cette chaîne à son midi. Les montagnesn’y sont pas élevées, maisprofondément sillonnées parla chute des eaux qui courent en torrents se jeter dansle Rhône. Cette contrée ne présente que peu de super-ficie à la culture, et l’on n’y peut remarquer que desvallons où croissent des fourrages abondants et quel-ques très beaux bouquets de sapins. Mais arrivés surla rive même du Rhône, le pays se déploie plus large-ment et borde le fleuve d’une plaine fertile, dominéepar un vignoble qui couvre les pieds du Jura, préservéedu nord et se présentant en espalier au midi. Cettecontrée qu’on nomme le Bugey fait partie du bassindu Rhône, et sa situation la rend propice aux produc-tions les plus variées, mais qu’on ne saurait cultiverque sur de minimes proportions, tant l’espace y estresserré et la propriété subdivisée.
C’est aussi pourquoi les industrieux cultivateurs duBugey ont peut-être compris qu’il leur convenait deprofiter de l’espace rétréci et de l’heureux climat dontils pouvaient disposer pour en obtenir des produitsplus précieux que ne le sont les céréales. Outre lavigne, le chanvre et le colza, ils se sont adonnés, dansces derniers temps surtout, à la production de la soie.Des mûriers à haute tige s’y montraient déjà depuislongtemps, et la population n’était pas étrangère àcette manipulation. Mais c’est au mûrier multicaulequ’il faut attribuer le grand développement qu’ellevient de recevoir. A l’aide des plantations de ce mû-rier, ce petit pays a récol té cette année pour 230,000 fr.