292 AMÉLIORATIONS RURALÉS APPLICABLES
de soies, et cette quantité peut être accrue de plus dudouble.
La plaine du Dauphiné borde le côté opposé duRhône, l’assolement qu’on y suit est jachère, blé suivide sarrasin. On distrait des parcelles du sol arablepour les consacrer, pendant quelques années, à laluzerne, lorsque la qualité du sol le permet, sinon ausainfoin ; car cette plaine repose sur des bancs de ga-lets et ne prend de fertilité qu’en approchant de lachaîne alpestre. Mais les mûriers dont elle est parseméeajoutent leur valeur superficielle à celle dont manqueson terroir; car c’est ici que commence la vaste ré-gion des mûriers qui ne prend fin qu’aux Pyrénées.
Les mûriers sont mieux gouvernés dans le Dauphinéqu’ils ne le sont dans les pays plus avancés vers lemidi, sans y être aussi grands, parce que le sol s’y op-pose. On ne voit pas de lacunes dans leurs alignements,pas de brèches dans leur branchage, qu’on dirige ré-gulièrement par une taille triennale et des soins con-tinus, de manière à ce qu’ils présentent à l’air ambiantla surface la plus sphérique possible, et par conséquentcelle qui peut se charger du plus grand nombre defeuilles.
La population si nombreuse dans le bassin du Rhône,facilite les opérations que demande la soie, et le voi-sinage du marché de Lyon excite puissamment cettepopulation à s’y adonner.
La chaîne des monts sauvages de la Grande-Char-treuse sépare cette plaine de la vallée de l’Isère.
Nous en avons décrit l’aspect et raconté la fertilité ;mais il est plus difficile d’en formuler les assolements ;