298 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
du Dauphiné, où l’obligation de porter à dos rend l’u-sage du mulet presque indispensable. Trop pauvresen fourrage pour avoir pu monter une éducation demulets, les montagnards dauphinois vont en acheterannuellement en Savoie au nombre de 1,000 têtes en-viron.
Ils les achètent à l’époque du sevrage et à l’état depoulains, au prix de 200 fr. en moyenne. Ces poulainsse répartissent un à un chez les cultivateurs de cesâpres contrées, lesquels commencent à s’en servir àl’âge de deux ans, pour les revendre à celui de quatre.Ils arrivent alors à la foire de Beaucaire dans l’inten-tion d’y faire concurrence aux mulets qu’on y amènedu Poitou. Ceux-ci sont sans doute et plus grands etplus forts; mais ceux de Savoie sont actifs et vigou-reux, et remplissent des emplois qui n’exigent qu’unemoindre force. Leur prix n’en va pas moins de 700à 800 francs, et c’est ainsi que le service du pays al-pestre se trouve pourvu, en laissant quelque bénéficeà ses cultivateurs.
La région du sud-est n’est pas un pays à moutons,puisque ce caractère n’appartient qu’à son extrémitéméridionale. Elle ne saurait même le devenir, parcequ’elle est un pays de trop petite culture, et que lesbêtes à laine manquent dans un tel pays de l’espacequ’il leur faut. Mais on en trouve néanmoins de répan-dues en petits lots sur beaucoup de points où on lesconduit sans méthode à la suite des vaches. Il convientde faire mention d’un bel établissement de bêtes àlaine fine, institué par M. de la Chapelle, à la Rouge,propriété située aux bords de l’Ain et près d’un im-mense banc de galets qu’y ont autrefois déposé les