3 16 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
climats. Le sol de cette partie de la région des oliviersest en masse moins productif peut-être que celui de lacontrée que le Rhône laisse sur sa rive gauche , maisil est travaillé avec beaucoup plus de soin , ce qu’ilfaut attribuer à une disposition plus intelligente etplus civilisée de la population champêtre. La vigne yest plus régulièrement alignée, les mûriers plus habi-lement taillés, les travaux d’irrigation plus multipliés,plus artistement ménagés, l’espace mieux appliqué àla production.
L’aisance est aussi générale parmi les cultivateursde cette contrée. Les signes s’en montrent dans leursdemeures, dans leurs costumes, comme dans l’étatflorissant de leur agriculture. On y sent partout laprésence d’un capital capable de pourvoir à tous lesbesoins, capital amassé par l’industrie mercantile quis’infiltre partout dans cette agriculture, en raison dela nature de ses productions, et lui apporte des élé-ments de prospérité, en créant une foule de proprié-taires aisés dont les intérêts se partagent entre lessoins à donner, tant à leur domaine qu’à leur trafic.
On peut donc admettre qu’un tiers à peu près de larégion des oliviers, à prendre dans le delta du Rhôneet sur le littoral qui se prolonge sur ses deux flancs,appartient à la grande propriété, à la grande cultureet aux fermages à rentes fixes, tandis que les deuxautres tiers, tant à la gauche qu’à la droite du Rhône,se cultivent parleurs propriétaires ou par des colonspartiaires, exploitation qui s’accorde avec la petiteou moyenne culture que comporte seule la naturede ce pays et de ses productions.