A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 323
de la mer. Sec et rocheux, il s’oppose au jeu de lacharrue, tandis que le climat et les formes de ce ter-rain se prêtent aux cultures horticulturales. Aussi lavigne vient-elle partout disputer l’espace à l’olivier,et dans ce débat, c’est la vigne qui domine l’olivier,par la seule raison qu’on cueille dès la troisième annéedes raisins sur les jeunes ceps. Aucun vin de quelquemérite n’est cependant produit par cette culture vi-gnicole, mais quel qu’il soit, il trouve son débit ; car,s’il ne peut s’écouler à titre de vin, on le transformeen esprits, et il s’écoule à Marseille sous cette déno-mination.
Mais avant de convertir en vin les raisins qu’onrecueille dans les vignobles de cette contrée, on enprépare les plus beaux par lia dessiccation pour êtreencaissés et livrés sous cette forme au commerce. Lespêches et les figues ont la même destination ; aussivoit-on le pays parsemé des touffes épaisses du figuierà larges feuilles, ou animé par le léger branchage dupêcher, qui n’empêche pas la vigne de mûrir les rai-sins qui croissent à son ombre.
Les amandes et les câpres sont plantées dans les lieuxles plus arides, et donnent un produit de quelque va-leur, là même où des moutons trouveraient à peineleur pâture. Les mûriers, en revanche, sont négligésdans la contrée dont nous nous occupons, soit parceque, entre autant de productions variées, on ne sauraitdonner à toutes la même attention, soit parce que lesol leur est moins favorable qu’en Languedoc et enDauphiné. Les mûriers sont en petit nombre en Pro-vence , leurs alignements sont interrompus au borddes champs aux places où sont morts des arbres qu’on