328 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
profitable pour remplacer en partie la jachère bisan-nuelle dans un pays où le fourrage est aussi précieuxen raison du grand besoin d’engrais que crée une cul-ture active de vignes, de mûriers, de céréales et deprairies artificielles.
Le sainfoin représente à lui seul plus de la moitiédes fourrages qu’on y récolte. Il occupe à tour derôle les terres arables, dont il s’empare complètementpar la vigueur et l’égalité de sa végétation. Nulle au-tre plante ne s’entremêle avec lui, car sa végétationles étouffe toutes aussi longtemps que sa vie n’estpas atteinte par la décrépitude. Sept années sontici la vie moyenne du sainfoin, après quoi il dépérit;sa fleur n’offre plus ces tapis rosés dont rien n’inter-rompt l’uniformité; les grappes grisâtres desgramenssurmontent ces tapis et en ternissent l’éclat ; c’est lesigne auquel on reconnaît qu’il est temps de défricherces sainfoins pour rendre le sol qu’ils ont occupé à laculture arable.
Les luzernes se sèment plus volontiers dans desterres choisies au voisinage des habitations, car leurvégétation reste grêle, lorsqu’on en confie la semenceaux sols moyens dans lesquels prospèrent le sain-foin. Les chicorées ne tardent pas non plus à se mêlerà la luzerne dans les bons sols, en sorte qu’on n’esti-merait pas qu’elle ait trouvé dans cette contrée d’aussifavorables conditions de réussite, qu’il en est dans laProvence et le Comtat. La luzerne compense il est vrail’infériorité de sa première coupe sur celle du sain-foin, par les coupes subséquentes qu’on réserve soi-gneusement aux bêtes à laine.
La région des oliviers est, avec celle des Pyrénées,