338 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
ront, ils ne prendront plus pour étalon que le propreprix de revient de celles du steppe, et ce seront cesdernières qui régleront les prix du commerce, audétriment de celles provenant des pays de haute cul-ture.
Mais il est temps de nous occuper de la culture pas-torale du seul steppe que renferme la France. M. deLasleyrie a si bien décrit les procédés de cette indus-trie transhumante, qu’il serait aussi ridicule que su-perllu de montrer après lui ces longues caravanes debêtes à laine partant pour les montagnes à l’ouverturede la saison, conduites par un vieux bouc qui, la clo-chette au col, marche seul en tête pour diriger le trou-peau sur une route dont il connaît dès longtempstous les détours ; tandis que cette caravane est suiviepar les bergers qui chassent devant eux une trouped’ânes chargés de leur bagage, ainsi que des moutonsblessés.
La même caravane revient dans le même ordre, dèsque les premières neiges tombent sur les Alpes, pen-dant que des pluies bienfaisantes leur préparent unenouvelle pâture en recouvrant d’une plus fraîche ver-dure les plaines desséchées de la Camargue et de laCrau. Chaque troupeau va s’emparer de l’herbageque son propriétaire a loué pour l’y faire paître. Maisce que n’a pu dire M. de Lasteyrie, parce que la cir-constance que nous allons citer est postérieure à sonouvrage, c’est que, frappé des avantages de cette loca-lité, nous avions avant même que le gouvernement yeut établi une bergerie, loué dans la Camargue lespâturages dépendants du château d’Avignon qui ap-partenait alors au général Miollis, dans le but d’y faire