340 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
l’agriculture ; mais en général les meilleurs sont dres-sés par les garde-bêtes pour servir de monture au pro-priétaire, et tous ensemble ont pour destination ledépiquage des grains, méthode dont M. de Gasparina démontré tous les inconvénients.
A cet effet, le haras est divisé en troupes de quinzechevaux, parmi lesquels il y en a de dressés, les autresne font que les suivre; sous la conduite d’un garde-bêtes, la troupe se dirige vers les fermes à blé dont sonmaître a la pratique. Ces jours de battage sont enmême temps des jours de fêtes dans ces fermes; lesvoisins arrivent à l’aide, les enfants ne vont pasà l'é-cole, les femmes préparent les beignets à l’huile etY aigue bollide qui doivent faire le régal du soir. Lesgerbes sont placées en cercle et debout autour du ma-nège, au centre duquel se tient le garde-bêtes, ayanten mains les longes auxquelles sont attachés sur troisde front les cinq rangs que forme son haras. Les en-fants tiennent les fouets avec lesquels ils excitent leschevaux, qui s’arrêtent d’abord à chaque pas poursaisir les épis qui se présentent debout à leur portée.Cette nourriture étant la seule qu’on soit tenu de leurfournir, ils en sont doublement avides, et y cherchentune compensation au pénible travail de trotter sur cetentassement de gerbes, bientôt affaissées par ce foule-ment. Lorsque la paille est entièrement broyée, onconduit les chevaux à l’abreuvoir pendant qu’on re-garnit le manège d’une nouvelle couche de gerbes.
Les ouvriers ramassent ensuite le grain demeurésous la paille et le jettent vivement avec des pelles debois d’un bout de l’aire à l’autre, dans le sens opposé