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Tome second.
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312 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES

La Camargue nourrissait autrefois des troupeaux debœufs sauvages qu’on a relégués à l’extrémité de Pile,vers ces lagunes que la mer dispute encore à la terre.Ces bêtes à cornes n’appartiennent à aucunes des racesconnues en France, mais à celles des bœufs gris à lon-gues cornes du steppe d’Italie 5 lesquels proviennenteux-mêmes de l’espèce de Hongrie. Ces animaux, ré-duits à un petit nombre, ont cessé d’être employés auxtravaux agricoles et ne servent plus qu’à figurer dansles courses de taureaux qui ont lieu chaque année auxfoires d’Arles.

On élève pour ces courses des gradins autour de laplace de l’Archevêché, ainsi qu’on le fait en Espagne.Toutes les populations de la ville et de ses environsviennent s’y placer, dans une vive attente du specta-cle. A l’heure fixée, et au son d’une fanfare, on faitentrer un des taureaux dans la lice, qu’on ferme aprèslui. Ses cornes sont ornées de deux cocardes de ru-bans assez artistement attachées pour qu’elles résistentà ses mouvements, et pour qu'on puisse cependant lesenlever par un léger effort de la main.

Les jeunes gens les plus dispos du pays sont dansl’arène, en vestes blanches et en écharpes, un courtbâton à la main, car c’est la seule arme qu’il leur soitpermis de porter. Ils agacent le taureau, qui s’élancesur l’un d’entre eux; d’un saut, il l’évite, et revient àla charge. Le taureau s’anime à ce jeu, s’irrite, sesmouvements deviennent plus violents, les jouteurss’entr’aident pour l’éviter en s’offrant tour à tour àsa colère, jusqu’à ce que le plus adroit d’entre euxparvienne à lui enlever une de ses cocardes. La joutefinit lorsqu’on est parvenu à lui enlever la seconde.