Band 
Tome second.
Seite
349
JPEG-Download
 

A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. ,Vi 9

mencer par vaincre à force de précautions hygiéni-ques, en faisant rentrer les ouvriers aux heures per-fides de la journée et en combinant les travaux demanière à ce que le plus grand nombre ait lieu dansles saisons où le fléau ne sévit pas.

Le mauvais air de la Camargue est loin, au reste,d’être aussi dangereux ni aussi difficile à vaincre quecelui du littoral de l’Italie. Nous avons été à même de- comparer plusieurs fois ces deux influences, et la vueseulement de la population de la Camargue annoncequ’elle est loin d’être victime de son climat ainsi qu’ilen est dans le steppe du Latium. Mais après avoir at-ténué l’influence du mauvais air de la Camargue, ilfaut y détruire le caractère sauvage qu’y a conservéle sol par le double effet de la culture et des engrais.Or, il est plus facile, avec une bonne charrue et desmulets, de cultiver le sol, qu’il ne l’est d’y mêler desengrais là où il n’y en a point; car celui qu’y répandle parcours des troupeaux est insuffisant à changer lenaturel du terroir, répandu qu’il est sur une super-ficie où le soleil ne tarde pas à le réduire en poussière.Ce sont des substances azotées et chargées d’acidecarbonique qu’il faut enfouir dans de pareilles terres.

On ne peut faire des engrais de cette nature qu’aumoyen de fumiers d’écurie entassés et carbonisés parla fermentation, soit qu’ils proviennent de gros ou demenu bétail. Pour y parvenir, et si nous étions chargéde la direction d’une telle entreprise, notre premiersoin serait de construire, en roseaux, de vastes ber-geries où nous ferions nourrir, en hiver, à la luzerneou au sainfoin, les troupeaux que nous continuerionsà envoyer l’été dans les montagnes. Ces troupeaux