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Tome second.
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350 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES

profiteraient, durant l’automne et l’hiver, du par-cours des jachères et de celui des friches que la char-rue n’aurait pas encore entamées. Ils ne feraient ainsià la crèche qu’un demi-hivernage ; mais cet engrais,du moins, ne serait pas perdu.

Au lieu de mulets, nous nous servirions d’attelagede bœufs, et si ceux de la Camargue remplissaient malce but, nous en ferions venir du Haut-Languedoc, neconservant de mulets que ceux que les transportsrendent indispensables. Ces animaux vivraient à l’é-table de manière à ce qu’au lieu de se perdre, le fu-mier qui en proviendrait seraitjournellement entassé.

Ces attelages de bœufs, consacrés au labourage, dé-fricheraient les landes à l’aide d’une forte charruequi n’existe pas dans le pays, mais qui est en usagedans le département de la Drôme. L’écobuage n’estpas praticable dans le steppe de la Camargue, parcequ’il n’y a point de graminées et que, par conséquent,le sol n’y est pas recouvert d’un tissu gazonné dontles mottes puissent former des fourneaux, mais le dé-frichement y met à nu, ainsi que nous en avons faitl’expérience, une immense quantité de plantes et deracines d’oseille , de même que les touffes d’unegrande bruyère qu’on nomme inganne dans le pays.Après que le passage de la charrue aurait déracinéces végétaux et que le soleil les aurait desséchés, nousen ferions ramasser les débris par des ouvriers armésde tridents de fer pour en former de petits tas aussirapprochés que possible. On y mettrait ensuite le feu,soit pour en débarrasser le terrain, soit pour profiterdu bénéfice de leur combustion; après quoi le sol, denouveau labouré, serait préparé pour le blé.