392 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
Ces prairies consistent en sainfoin et trèfle incar-nat. La luzerne et le trèfle ordinaire s’entremêlentrarement avec ces deux plantes ; mais le sainfoin at-teint, dans cette région, à une vigueur de végétationet se cultive sur une si grande échelle qu’il pourvoit àtous les besoins de l’agriculture; tandis que le trèfleincarnat, semé après la moisson du blé avec la récoltedérobée du sarrasin, sert de pâturage aux troupeauxet principalement aux bœufs de labour, dès l’ouver-ture du printemps jusqu’à l’apparition des fleursroses du sainfoin, car il est rare que ce trèfle se ré-colte en sec, et l’usage de nourrir en vert à l’étable,si rarement pratiqué en France, hormis dans laFlandre et dans l’Alsace, n’a pas pénétré dans la ré-gion des Pyrénées.
Au moins y a-t-on adopté l’usage d’y nourrir lar-gement les bestiaux, à la crèche, durant l’hiver, aumoyen de l’abondance du sainfoin qu’on y recueille.Ils ne sont pas comme dans l’est et le centre duroyaume réduits à la paille pour principale consom-mation d’hiver. Aussi tout se ressent de ce meilleurentretien, les bestiaux, les engrais, les terres et lesrécoltes. Si l’agriculture peut, à cetégard, faire mieuxencore, on doit pourtant reconnaitre qu’elle est icidéjà sur la bonne voie et que le pays s’en aperçoit.
On consacre au sainfoin au moins le quart de la su-perficie de chaque domaine, en sorte que ses retourssur le même terrain n’ont lieu qu’après un intervalled’à peu près vingt ans, qui est largement suffisantpour que le sol se soit purgé de toutes les sécrétionsdont l’avait saturé le sainfoin précédent par un séjourde sept années consécutives. Ce sol se montre aussi