A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 393
très disposé à faire rejeter la nouvelle semence dusainfoin qu’on lui confie à la suite d’une préparationsoigneuse du terrain. Il s’en empare complètementsans mélange et sans vide; ses rameaux touffus, re-pliés sur eux-mêmes par leur propre poids, ont souventun mètre de longueur lorsqu’on les déploie en entier.Chacun de ces rameaux porte une longue grappe lelong de laquelle s épanouissent des fleurs du rose leplus tendre, tellement pressées les unes contre les au-tres que le champ paraît n’être qu’un tapis d’étoffeétendue sur les prairies. Cet aspect, il est vrai, est tropuniforme pour qu’il soit pittoresque; mais sa vueéveille involontairement l’impression ineffable qu’onéprouve à l’aspect des signes delà fécondité delà terreet de la puissance de l’homme.
Il existe ainsi, dans cette région, un système mé-thodique d’après lequel les terres arables se changentpériodiquement en prairies pour rentrer après ce re-pos dans la rotation des cultures céréales, en sortequ’il existe dans chaque domaine un rapport bienentendu entre les productions destinées à être con-sommées sur place pour son amélioration et cellesdont la vente doit assurer le revenu.
Vers le point central de cette région, occupé par lesvilles d’Agen et de Tonneins, les alluvions ont faitdes dépôts assez profonds et assez riches pour y avoirpermis l’introduction de la culture du tabac, et la loiqui en a fondé le monopole en a réservé le droit àcette contrée.
Cette culture, au reste, ne présente quelque avan-tage que dans ces sols privilégiés par la nature, quiréunissent toutes les conditions de la fécondité, et