394 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
après qu’une longue expérience a démontré la qualitédu tabac produit par les terres qu’on y consacre;car ces deux points sont indispensables pour reti-rer, de la culture du tabac, les bénéfices qu’on s’enpromet.
Ce n’est donc qu’après s’être assuré de cette doublecondition qu’il est avantageux aux cultivateurs d’as-pirer à la culture du tabac. Culture d’ailleurs rui-neuse pour les terres, qu’elle prive d’une grande pro-portion de leur humus sans pouvoir leur en restituerla moindre parcelle. Et c’est aussi pourquoi on nepeut cultiver le tabac que dans les sols qui sont natu-rellement dépositaires d’une grande quantité de cethumus, d’autant que ce sont aussi ceux où se produitla plus grande abondance d’engrais, en raison mêmede l’abondance des pailles et des fourrages qu’on ré-colte dans ces terres fécondes. C’est ainsi qu’il en estdans le Bas-Rhin, dans le nord et dans l’Agénois, etqu’il en pourrait être dans le Graisivaudan et dans laLimagne d’Auvergne.
La culture du tabac doit donc toujours se lier à uneforte proportion de prairies artificielles dont elle fa-vorise d’ailleurs l’établissement par la belle prépara-tion qu’elle donne au terrain; c’est aussi ce qui a lieusur tous les points où cette culture est permise. C’estun produit qui se trouve d’autant plus facilement quela feuille du tabac procure aux cultivateurs la denréevendable dont ils ont besoin pour assurer leur revenu ;en sorte qu’ils sont mieux disposés que d’autres à sa-crifier plus de terrain à la production d’engrais dontle tabac fait une si grande consommation.
La culture de ce tabac serait donc, en définitive, un