( 204 )
n’est pas l’avis de mylord ; car, dit-il , dansplusieurs parties de la Suisse , l’eau qui s’écouledes glaciers est la seule boisson des habitans,et cependant ils sont exempts de cette infirmité.Je pense que plusieurs causes morales et phy-siques se réunissent pour produire cette diffor-mité : la qualité des eaux croupissantes, lachaleur excessive des vallées, et l’inconcevableparesse du peuple, qui se résigne indolemment,sans recourir à des remèdes. C’est ainsi qu’enEgypte les Turcs s’abandonnent à leur desti-née , sans prendre la peine d’opposer des bar-rières aux irruptions de la peste. Sans doute lescauses qui engendrent les goitres influent beau-coup sur l’idiotisme. La négligence de l’édu-cation est aussi une des causes morales de cetteimbécillité : la classe inférieure du peuple né-glige ses enfans, qui vivent à l’instar des ani-maux : comme eux, ils se vautrent dans la boue,se rassasient et se désaltèrent de tout ce qu’ilstrouvent ; dans l’hiver, ils restent accroupistoute la journée dans une chambre à poêle.
On nous assure ici que, depuis quelques an-nées, le nombre des personnes affligées degoitres et d’imbécillité diminue considérable-ment. On attribue cet heureux changement àdeux causes : la première est le dessèchement