( 2o5 )
des eaux stagnantes, voisines des habitations ;]a seconde est l’usage adopté de faire nourrir lesenfans sur les montagnes. On dit que le peuple,malgré toutes les lumières dont on veut l’éclai-rer, regarde ces automates comme des êtresprivilégiés par le ciel ; il les nomme bonnesâmes de Dieu , nettes de péchés , et les pareilsles préfèrent à leurs autres enfans, parce qu’ilsles regardent comme assurés du bonheur de lavie future : tel est le rapport de divers voyageurs ;mais j’ose en douter. Cequi m’a paru le plus vrai-semblable , c’est que l’innocence et la douceurde ces idiots inspirent l’intérêt et la compassion.Vous ne serez pas fâchée , ma chère tante, desavoir ce que dit le chanoine Paw des crétins,dans ses Recherches philosophiques sur lesAméricains .
« On 11e sauroit mieux comparer les blafardsde l’isthme des Dariens, leur dégénération, leurétat, qu’à ceux des crétins : ils sont sourds,muets, presqu’insensibles aux coups, et ils por-tent des goitres prodigieux qui leur descendentjusqu’à la ceinture. Us ne sont ni furieux, nimal-faisans ; ils n’ont qu’une sorte d’attrait as-sez violent pour les besoins physiques, et ilss’abandonnent aux plaisirs des sens de toute es-pèce, sans y soupçonner aucun crime, aucune