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malédiction, et de m’accorder le pardon de madésobéissance ». Je lui ai promis d’écrire toutde suite, et j’ai baisé sa main sur laquelle j’ai■versé quelques larmes. « Pourquoi pleures-tu ,mon cher ami ? je ne suis pas bien malade $ non,je n’en mourrai pas».
Je n’entre point encore dans les détails decette cruelle maladie ; à peine puis-je assezrecueillir mes esprits pour tracer cette lettre.Ce qui accroît ma terreur, c’est que le méde-cin est un ignorant, qui, sans mylord, alloitassassiner ma femme.-Il ordonnoit de la thé-riaque , du quinquina, émétique, apozème ; ilappeloi t à lui tous les remèdes que la mémoirelui fournissoit.... Mais Blanche me fait appe-ler ; elle veut que j’écrive dans sa chambre lalettre à son père, et j’y cours. Que le ciel nousla conserve !
Apostille.
Je suis, ma chère tante, entre la vie et lamort; le paroxisme est fort, la tète embarras-sée ; le délire augmente. Elle prononçoit cesmots : « Grand Dieu ! ayez pitié de moi... Je nevois pas matante... Retirez votre malédiction...Oui, je l’aime ». Je vous quitte ; la plume m’é-chappe, mes yeux sont troublés, un voile de