( 219 )
voit, étoit encore dans son enfance. Nous l’a-vons bien changée et bien perfectionnée depuisce docteur grec. —• Pourriez-vous me dire enquoi consistent les progrès de votre art? — Aguérir les malades. — Je vous en dirai davan-tage : l’art de la médecine consiste à laisser agirla nature , à la seconder, à lui donner desforces quand la maladie résiste ; c’est du moinsainsi que se conduisent les grands médecins. : —Mais vous, monsieur l’étranger , s’écrie le gas-con irrité , eh donc ! qui êtes-vous ? d’où sor-tez-vous ? où avez-vous pris votre science ? dequel droit vous mêlez-vous de mes malades ?comment vous nommez-vous »? A cette cumu-lation de questions, mylord répondit avec beau-coup de sang-froid : « Je suis un homme , jesors d Angleterre , j’ai puisé quelques connois-sances dans les livres de médecine ; je me mêled’une malade qui m’est chère , et du droit qu’atout homme d’empêcher un assassinat, et jeme nomme mylord Ellis , pair d’Angleterre ».Le ton moitié franc , moitié ironique de my-lord , et sur-tout son nom qui terminoit la pé-riode , imposèrent à notre gascon ; il prit sonchapeau en disant : « Eh bien ! seigneur mylord,puisque vous en savez tant, chargez-vous de lamalade ; je m’en lave les mains : dieu merci, je