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et les rochers. Cependant nous n’avions pasfait la moitié du chemin, pour arriver au cliâletoù nous devions passer la nuit. Blanche soute-noit la fatigue et la chaleur avec le courage deces anciennes héroïnes qui couroient le mondesur de grands palefrois ; souvent elle plaisan-toit mylord, chargé de son embonpoint, etlui oiFroit son bras pour le soutenir.
Il étoit déjà trois heures après midi, et ledésert paroissoit se prolonger sous nos pas :tantôt nous traversions l’obscurité d’un préci-pice, etbientôtaprèsnousétions perchés sur desruines. Du sommet des rochers que nous gra-vissions , les objets se développoient : nouscommencions à dominer les glaciers qui nousavoient paru toucher au ciel. L’azur d’un hori-zon immense répandoit autour de nous unéclat imposant, et donnoit aux glaciers unebeauté nouvelle. Cependant nous aspirions auchalet, lieu de notre repos; et notre imagina-tion ne pouvoit concevoir un asile habité, aumilieu d’un océan de glace. A dix pas de lui,nous le cherchions encore, quand tout-à-coupnous eûmes sous les yeux les plus beaux tajusde verdure, et ce chalet si désiré. Quel change-ment de décoration! Nous vîmes enfin des êtresvivans, après avoir marché tout le jour à tra-