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et reinontoit ces bestiaux avec des cordages ,et qu’ils restoient là, pendant deux mois , àl’abri de la voracité defe ours et des loups :ils n’<ont à craindre que la chute assez rare dequelques roohers. Un loup, alléché par la proie,osa risquer d’y descendre ; Dieu sait quelle vieil auroit fait dans ce bercail 5 c’eût été le ratretiré dans un fromage de Hollande : maisil glissa, et paya sa témérité de sa vie. Les rocsqui cernent cette enceinte sont agréablementdécoupés, et il en jaillit de petites cascades quivont abreuver les troupeaux.
Gravissant toujours de rochers en rochers,nous fûmes étonnés de voir la Drance, si long-temps abaissée sous nos pieds, rouler alors sesflots sur notre tête. Quelque temps après, nousatteignîmes l’entrée du grand désert, nommé lePlan du Rain, ou plaine qui dure.
Nous avions alors sept heures de marche,accablés de chaleur et de fatigue : nous fîmesune seconde halte. Nous attaquâmes le flaconde vieux vin de Chypre , et les restes d’un pâté.
Il n’est de vrais plaisirs qu’avec de vrais besoins.
Depuis long-temps les arbres nous fuyoient 5les pâturages disparoissoient. Nous étions sousl’étoile polaire, et marchions à travers les glaces