et que, de ces nuits fortunées, il n’en résulteaucun fruit prématuré. Si un paysan d’un autrefaubourg osoit rôder sous la même fenêtre , ilseroit aussitôt tué ou jeté dans un lac ; car la ja-lousie est une maladie de nos climats. Ces ren-dez-vous nocturnes vous étonnent, et paroissentblesser les mœurs ; mais nos bons Suisses regar-dent ces liaisons comme choses très-naturelles,et nullement susceptibles de blâme; et madame( s’adressant à Blanche ) qui m’offre ici l’imagede la modestie et de la décence, voudra bienme pardonner la liberté de ce tableau de nosmœurs, libres plutôt par innocence que par l’ef-fet de la corruption. Je vais présentement, con-tinua -t-il, avec le même crayon de la vérité,vous peindre les défauts de mes compatriotes.
)> Le Suisse a de l’astuce ; il fraude son lait,détériore son beurre ; il est intéressé, a l’espritmercantile : enclin à la chicane , il plaide vo-lontiers, mais sans l’intervention des avocats;lui-même défend sa cause sans émotion, sansaccent, comme il lit une gazette. Les procèssont longs et opiniâtres. Haineux, très-iras-cibles dans leurs querelles, les Suisses se bat-tent jusqu’au sang, mais jamais avec des armesou des bâtons, toujours à coups de poings. Su-jets à l’ivrognerie, dans leur ivresse ils de-