( 4a8 )
ce Dieu qui t’entend, et qui lit dans ton ame,que tu épouseras ma fille au printemps. —Oui,je te le jure par ce Dieu qui m’entend, et quilit dans mon ame. — Embrasse - moi ; je tedonne ma fille ; elle sera ta femmé dès cettenuit». Nous rentrâmes dans sa chaumière : Ur-sule nous attendoit, inquiète de notre absence.Son père lui dit : «Ursule, tu es mariée i Pierreest ton époux : je vous donne ma bénédiction ».Je me jetai dans les bras d’Ursule , et nousfîmes les noces. Nous mangeâmes une cuissede chamois , un morceau de fromage , âgé desoixante ans : Brougg nous dit que son pèrel’avoit pétri lui-même le lendemain de son ma-riage. Un matelas étendu sur des peaux deboeufs, fut notre couche nuptiale. Cet hymen ,contracté sur ma bonne foi , porte la couleurdes moeurs antiques : ainsi Abraham épousaAgar sa servante; ainsi Rachel et Lia, femmesde Jacob , mirent leurs servantes dans son lit :la seule différence entre ces patriarches et moi ,c’est qu’ils avoient plusieurs femmes. Mais saintAugustin remarque qu’ils étoient plus sages,avec ce nombre d’épouses , que les chrétiensavec une seule ; ce qui est facile à croire.
» Au printemps, je descendis à Berne : monprojet étoit de vendre le diamant que m’avoit