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Tome troisieme.
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sentir, c’est jouir. Voilà ce qui rend les pleursdu sentiment si délicieux. Mais continuonsnotre voyage.

Arrivés dans un sentier qui mène à la sourcedu Rhône , nous voyions disparoître les vil-lages, les cabanes; tout reculoit dans les té-nèbres, à mesure que nous montions. Parvenusauprès d’une petite chapelle , nous aperçûmesle Mont-Blanc , qui domine en monarque surtoutes les montagnes. Là nous fîmes une haltepour déjeuner.

Le régal fut petit et sans beaucoup cT'apprêts.

C’étoit du chocolat que nous fîmes réchaufferet goûter à notre hôte, qui n’en avoit jamaisbu. Il trouva cette boisson détestable; maisnous, en le savourant, nous admirions l’in-dustrie humaine, qui apportait au haut desAlpes, près du berceau du Rhône , une pâtecomposée du cacao de la Nouvelle-Espagne, dusucre des îles , et de la cannelle de Ceylan ; et,dans l’excès de notre reconnoissance, nous fîmesune libation en l’honneur de Vasco de Garna etde Christophe Colomb , à qui nous devions cesjouissances. Après cette cérémonie , nous por-tâmes nos regards sur la superbe perspectivedu Valais , développée toute entière sous nos