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Tome troisieme.
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Teusement l’haleine du printemps amolissoit laneige de plus en plus : il travaillent seul avecson fils j la nuit suspendoit leurs travaux. Le20 d’avril, quand ils ét oient à l’ouvrage, ilsvirent arriver Joseph et Antoine Bruno, qui ,avertis par un songe, venoient partager leursfatigues. Antoine avoit vu dans la nuit Anne-Marie, sa soeur, le visage teint de la pâleurde la mort, qui lui disoit, d’une voix languis-sante : « Mon cher frère ! quoique tout lemonde me croie morte, Dieu m’a conservé lavie. Ne m’abandonne pas i viens me délivrerde l’horrible situation où je suis » ! A ce dis-cours, à cette apparition, Antoine s’éveille,palpitant de douleur et d’effroi j il appelle sonfrère, et lui raconte son rêve. Persuadés l’unet l’autre que cette vision étoit un avis du ciel,que leur sœur vivoit encore, ils partirent à lapointe du jour pour aller joindre son mari : ilsse mettent au travail, bêchent, écartent laneige , creusent. Enfin, à dix heures du matin,ils découvrent la maison de Joseph Roscia,mais nul cadavre n’y étoit : ils imaginent alorsque ces malheureuses femmes seroient dans l’é-table. Ils en connoissoient la position ; ils y vont,travaillent de nouveau, percent la neige avecune longue perche. Alors ils entendirent un©