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Tome troisieme.
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Yit la lumière, elle sentit dans ses yeux de très-vives douleurs, s’évanouit, et faillit périr aumoment de sa délivrance , par l’impressionsubite de l’air, dont elle avoit été privée silong-temps. Son fils, dénué de tout secours,lui frotta le visage et les tempes avec de l’eaude neige. On profita de cet exemple pour pré-venir un pareil accident pour les autres prison-nières ; on leur couvrit le visage d’un voile épais,et on les transporta ainsi dans la maison dunommé Jean Arnaud, où, avec du vin, onrappela Anne-Marie de son évanouissement.

De cette maison, on les alla coucher dans uneétable chaude et obscure ; on leur fit une soupede farine de seigle avec du beurre; mais leurestomac se trouva d’abord surchargé : ce vis-cère , oisif pendant si long-temps, avoit de lapeine à reprendre ses fonctions; les sucs di-gestifs ayant perdu leur activité , et les fibresleurs ressorts, ne pouvoient plus triturer lesalimens; elles respiroient même avec beau-coup de difficulté. Epoux, frères, amis, em-pressés autour d’elles, leur prodiguoient tousleurs soins, les caresses les plus tendres. Lelong jeûne, l’humidité, le froid, la même situa-tion dans une crèche étroite, avoient tellementaffoibli leurs corps et leurs jambes, qu’elles ne

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