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Tome troisieme.
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poüvoient rester un seul moment debout; lapâleur de leur visage jnspiroit l’effroi ; leursvètemens étoient pourris ; elles ne pouvoientmême étendre leurs jambes, sur-tout les plusâgées : les jambes et les cuisses d’Anne-Marieçulièrent beaucoup. Un médecin de Démonté,bourg voisin, qui fut appelé le 27 avril, leurdéfendit de parler , car l’on accouroit de toutepart jiour les voir , et entendr ? les détails d’un‘événement qui tenoit du prodige. Le docteurleur fit faire du bouillon de veau, mêlé avecdu bût de clxèvre ; elles en prenoient de troisen trois heures , la quantité que leur esto-mac pouvoit supporter : il leur faisoit boire del’eau très-souvent, pour soulager la soif ar-dente qui les dévoroit ; tout ce qu’elles met-toient dans la bouche leur paroissoit amer,et particulièrement l’eau : ce goût d’amertumene cessa, çliez les deux aînées, qu’au boutd’un mois. Le docteur leur fît donner d’un bonvin deux fois par jour. La jeune Margueritene garda le lit que pendant une semaine , et re-prit bientôt toute sa première santé ; mais Annene put se lever de long-temps, et ne fut entiè-rement rétablie qu’au mois de juin. Depuis sasortie, elle étoit restée cinq jours sans dormir ;et le sixième, lorsqu’elle succomba au besoindu sommeil, des songes épouvantables l’éveil-