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a cet horrible fracas. Anne ouvrit alors la portede l’étable, pour voir si la fuite étoit possible,mais elle ne vit qu’une nuit profonde ; elleavança la main , elle sentit une muraille deglace : elle dit à ses compagnes d’unir leursvoix à la sienne pour appeller du secours ;aussitôt toutes à la fois crient de toutes leursforces qu’on vienne les secourir , qu’ellesétoient encore en vie 5 mais n’ayant aucun®réponse, Anne ferma la porte. Elles mar-chèrent alors à tâtons dans l’étable, et par-vinrent à la crèche. Anne-Marie ouvrit l’avisde s’y retirer sur le foin , jusqu'à ce que labonté divine eût pitié d’elles et finît leurs mal-heurs. Elles s’y placèrent toutes les quatreavec l’enfant, et s’y tinrent accroupies , lesjambes retirées et les genoux élevés. L’ânessequi étoit attachée à la crèche , se débattit avectant de violence, qu’on fut obligé de la délier ;elle alla donner contre un chaudron. A ce bruit,Anne conseilla de s’emparer de cet ustensile quipourroit servir àfondre la neige : elle alla le cher-cher en tâtonnant, et le rapporta à la crèche.
Ces infortunées restèrent quelques heuresdans cette position , se flattant toujours quel’on viendroit les délivrer ; mais quand ellesvirent que le temps s’écouloit, elle songèrent!