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aux moyens dé subsistance. Anne se rappelaqu’elle avoit dix-sept châtaignes dans sa poche,et que, deux jours auparavant, on avoit apportetrente ou quarante petits pains dans le réduitattenant. Quelle abondance pour des malheu-reux condamnés à mourir de faim f A ce sou-venir , elle quitte sa crèche , et va, les mains enavant, chercher la porte de ce petit office. Ellene put jamais la trouver ; la voilà donc quirevient tristement à son poste. Cependant l’ap-pétit se réveilla chez Anne-Marie et chez Anne ;les deux plus jeunes avoient déjeûné : les deuxbelies-soeurs mangèrent chacune deux châ-taignes , économisant les autres pour l’avenir;Afin de se désaltérer, elles firent fondre de laneige dans leurs mains et dans leur bouche ;elles se mirent ensuite à prier Dieu , à implorersa miséricorde. Après un long-temps donné auxprières , s’imaginant que la nuit étoit venue,elles tâchèrent de s’endormir; mais le petitAntoine seul, dans l’âge heureux, de l’impré-voyance , goûta lès douceurs du sommeil ; lesautres passèrent, une partie ds la nuit à gé-mir , à prier , à s’encourager réciproquement*Quand elles supposèrent que le jour renaissoit,leur espoir se fortifia ; elles attendirent d’heureen heure le moment de leur délivrance. L’em-