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La troisième nuit fut semblable aux précé-dentes. Quel poids énorme que le temps pources infortunés ! quels étoient leurs vœux,leur agitation ! « O mon cher mari ! s’é-crioit Anne Marie, pourquoi ne viens-tu pasdélivrer ta femme , ta famille»? Après ces ex-clamations , elles se remettoient à prier Dieu .
L»e neuvième jour de leur demeure dans cetombeau , calculé d’après le chant des poules ,Anne*Marie voulut essayer encore une tenta 1 *tive pour avoir les pains enfermés dans la pe*tite chambre. Quel bonheur 1 quelles richesprovisions si on les trouvoit ! Elle marchelentement , touche tantôt un mur, tantôt despierres détachées : elle sentit ensuite sous samain une pièce de bois qui devoit être la portesi désirée ; elle la pousse , la secoue , tâche del’enfoncer ; la porte est inébranlable. Anne-Marie voulut alors, pour l’abattre , s’armerd’une fourche qui étoit dans la crèche ; maissa belle-soeur lui représenta le danger qu’il yauroit dans cet ébranlement qui pouvoit en-traîner la chute du toit, et les faire écraser sousses ruines. Ce conseil l’arrêta,, et toutes ensembleelles décidèrent qu’il falloit se contenter, pour'soutenir leur vie , du lait de la chèvre leurlidelie nourrice.