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Tome troisieme.
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R y a voit dans cette étable un grenier dont1 ouverture étoit perpendiculaire à la crèche ;elles pouvoient en se levant l’atteindre et enleverquelques poignées de foin. Au moyen de cettenouvelle ressource, la chèvre leur fournissoitjusqu’à deux livres de lait par jour , ce qui,avec l’eau de neige, pouvoit suffire pour lesempêcher de mourir d inanition : mais ellesfurent bientôt tourmentées d’une soif ardentequ’elles tâclioient d’appaiser en mettant fré-quemment de la neige dans la bouche. Quantau sommeil, Anne - Marie ne le goûta quetrois fois pendant environ deux heures, dans lelaps de trente-sept jours : ses compagnes furentplus heureuses, et dormirent toutes les nuits.

Mais un nouveau malheur acheva de lès ac-cabler. Le petit Antoine commença à pleurer,à se plaindre de vives douleurs d’estomac ; samère , sa tante, tour-à-tour le prenoient dansleurs bras , le pressoient sur leur sein, le ré-chauffoient : la douleur s’appaisoit quelquefoispour de courts intervalles, mais reconmien-çoit ensuite avec plus de violence. Le neuvièmejour de la maladie , selon leur calcul , d’aprèsle chant d’une poule qui survivoit encore, l’en-fant, déchiré par la douleur , poussa des crislamentables $ quel supplice pour une mère 1