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elle l’embrassoit, le couvroit de ses vêtemens,le réchauffoit de son haleine ; mais il touchoitau terme de sa vie : peu de temps avant d’ex-pirer, il s’écria : <c O mon père! il est peut-être mort sous la neige ! » Sa mère répandoitun torrent de larmes 5 il étoit déjà mort qu’ellel’entouroit encore de ses bras. Marie — .Annelui enleva ce cadavre, et le porta dans un coin del’étable. Cette mort fut le coup le plus terriblepour le coeur de cette triste famille.
Cependant leurs souffrances augmentoienttous les jours ; elles étoient transies de froid :leur position dans la crèche était extrêmementgênante , accroupies , les genoux élev> s : laneige découloit sur elles goutte a goutte , lesmouilloit, les glaçoit et pourrissoit leurs vête-mens 5 l’odeur infecte de leurs excrémens, decelui des chèvres et des cadavres, leur soulevoitle coeur : pour ne pas y succomber , ellesprenoient de la neige , en mettoient sous lenez, dans la bouche ; mais cette neige leurbrûloit le palais. Ce qui aclievoit de les épou-vanter et de les entraîner au désespoir, c’étoitde se voir abandonnées de l’univers , et devoir leur subsistance diminuer tous les jours.La chèvre, moins nourrie donnoit, à peine unelivre de lait, au lieu de deux : déjà le foin de