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la crèche étoit consommé , et celui qu’elle»reliraient de l’ouverture du grenier:, venoit enpetite quantité.
Les chèvres, apprivoisées par l’habitude et lareconnoissance , s’étoïent pour ainsi dire liéesd’amitié avec leurs compagnes d’infortune : cespauvres bêtes , en recevant leur nourriture ,leur léchoient le visage et les mains. Anne, en-couragée par cette familiarité , imagina de lesfaire mon ter sur ses épaules pour les faire arri-vera la bouche du grenier. Que la nécessité estindustrieuse ! les chèvres grimpèrent sur Anne ,atteignirent le foin, et trouvèrent une pâtureplus abondante.
Bientôt ces animaux se passèrent du secoursd’Anne , montèrent d’eux-mêmes sur le mur ret pourvurent ainsi à leur subsistance. Ce-nouvel expédient rendit un peu. de confiance Acette triste famille ; cependant la faim cessad’être le plus vif de leurs maux. Les premiersjours, elles en avoient beaucoup souffert, maisheureusement leur estomac s’accoutuma à cettemodique nourriture : ce qui les tourmentoitbeaucoup plus , c’étoit la difficulté de respirerqui étoit devenue très-grande ; depuis le cin-quième et sixième jour, elles sentoient sur lapoitrine un poids intolérable : un surcroît de