( î«i )
clés daims, des faisans et des gelinottes. Ils necuisent du pain qu’une fois l’année ; ils font depetits gateaux de l’épaisseur de deux écus,qu’ils appellent gatelets , et qu’ils sèchent sou-vent à la cheminée ; pour les manger, ils lescuisent et les jettent dans du lait. Les habitanssont généralement bien faits; ils ont une élo-quence naturelle , leur société est agréable,ils sont humains, généreux et très-éelairés surleurs loix et leurs priyiléges : on trouve sou-vent , dans leurs chaumières, les livres les mieuxchoisis.
Je ne vous décrirai pas toutes les beautés ro-man tiques de notre route. Imaginez, poétique-ment, le pins vaste, le plus magnifique desjardins anglais; des cascades, des torrens, desvallons , des gorges de montagnes couvertes detroupeaux, de verdures et de bois , et couron-nées d’un diadème de glaces.
Nous devions, ce même jour, aller coucher àLauterbrunn, chez le ministre du village , quinous attendoit : il étoit de la conuoissance demylord ; mais nous nous égarâmes. Dès que nouseûmes connu notre erreur, nous prîmes un guide.La nuit s’approchant, nous traversions avecrapidité des vergers chargés de fruits, à l’extré-mité desquels étoit une vallée étroite, fermée