( i84 )
l’utilité des talens ! elle dessina, sur un carréde papier blanc, un ministre avec une robenoire, une grande fraise autour du cou, et unclocher devant lui. A peine eut-elle achevécette esquisse, que cet homme jela de grandscris, et nous lit entendre, par des gestes, qu’ilnous comprenoit. Il chaussa ses souliers , et.marcha à notre tête. Nous traversâmes des prai-ries pleines d’eau, et des rivières difficiles àfranchir : l’espérance et le désir du repos sou-tenoient nos forces épuisées. Enfin, à minuitet demi, nous entrâmes dans Lauterbrunn : nousavions passé tout auprès à huit heures. Cestravaux, ces dangers des voyages en tempèrentles agrémens; mais quand ils sont passés, onen jouit par le souvenir, et on aime à les ra-conter. Notre arrivée calma les inquiétudes dupasteur : il avoit envoyé à la découverte, faitsonner le tocsin. Nous trouvâmes là le guidequi nous avoit quittés par un zèle mal entendu :nous voyant près du village, il crut que nousne pouvions plus nous égarer, et il avoit gagnéles devans pour nous annoncer.
La maison de cet honnête pasteur étoit bâtieà neuf, aux frais des magistrats de Berne , quipermettent aux ecclésiastiques de paroisse derecevoir des étrangers. Nous eûmes deux cham-