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bres propres et jolies, un bon souper, un doux!sommeil, et noâ fatigues furent oubliées. Notreméridien marquoit midi, lorsque nous quittâ-mes la plume oiseuse : la plume, c’est beau-coup dire ; mais qui raconte exagère. Nousnous reposâmes le reste de la journée. Nous lapassâmes, en grande partie, à table avec notreaimable pasteur, dans une conversation inté-ressante. Le pasteur nous peignit le bonheurdont jouissoit son village. « Ici, disoit-il, l’éga-lité des fortunes entretient la concorde, éteinttoutes les passions haineuses; chaque individu»content de son état, ne porte point un oeild’envie sur celui d’un autre. Lorsqu’une habi-tation est délabrée, les voisins se cottisent ous’unissent pour la réparer : la confiance et labonne-foi, dieux tutélaires du pays, gardentles maisons, qui sonL toujours ouvertes ».
Il nous conta qu’à l’époque du tremblement deterre de Lisbonne , ses paroissiens crurent voirla dissolution du globe. Les montagnes furenttellement ébranlées, que les oiseaux de proiefuyoient épouvantés, du sommet des rochers,pour se réfugier dans les plaines. Le mugisse-ment des monts et d’un vent terrible, qui pro-voquoit les avalanches, répandit une si viveterreur, que, bergers et troupeaux, tout s’en-