Band 
Tome troisieme.
Seite
359
JPEG-Download
 

( 35tj )

lettre à la main, qu’il avoit cachée aussitoL sous-le chevet de son lit. Madame Bertaut, alarmée ,courut soudain auprès du malade, qui s’écria ,dès qu’elle parut : «Vous venez à propos, j’aià vous parler} faites retirer tout le monde ».Quand ils furent seuls, il lui dit : « On ne veut,pas me laisser mourir tranquille; on me per-sécute. Quelle est donc cette garde que vousm’avez donnée? — Une femme de bien, quivohs sert avec zèle et intelligence. — Trop dezèle. Elle m’obsède, me parle sans cesse de masœur, de testament. Vous me feriez plaisir dem’en délivrer, ainsi que de ce grand coquin deChampàgne , que je crois d’intelligence avecelle et ma sœur. Voilcà une lettre quils vien-nent de me donner secrètement ; lisez-la moi,car ma vue s’affoiblit ; je l’ai mal déchiffrée ».J/a dame Bertaut fut obligée de faire cette lec-ture à liante voix ; chaque phrase lui perçoitFamé. «Eh bien! ma perle, que pensez-vousde cette lettre? lui dit Bertaut. — Qu’ils veu-lent vous faire mourir. Vivez , vivez, pour pu-nir leurs intrigues et leur impatience. Mais',puisque vous le désirez, je vais chasser la gardeet Champagne , aujourd’hui même; Julie et-mai suffirons auprès de vous. —- Je vous en..re~