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votre fille, rentrée en grâce avec son père.Mais votre gendre est ici ; il sollicite vos bon-tés et son pardon. — Qu’il approche ». Je m’a-vançai , me mis à genoux auprès du lit, en luidisant : «Mon père, daignez-vous me recon-noître pour votre fils» ?. Bertaut me tenditsa main , que je lui baisai. « Mon cher Del-mont ! oui, je vous reconnois pour mon fils.Je vous ai causé bien du chagrin, mais je veuxréparer mes fautes. Le notaire est-il là? — Oui,mon frère. — Julie, approchez une table , etdonnez une écritoire». Bertaut dicta son testa-ment , et nomma sa fille unique héritière de sesbiens j mais comme il ne laissoit rien à saveuve, Blanche et moi nous le suppliâmes dene pas l’abandonner à la misère. Le confesseurlui représenta sur-tout qu’il offenseroit Dieu ,s’il nourrissoit contr’elle un sentiment de haineet de vengeance ; mais Bertaut étoit trop irritéet trop haineux de son naturel pour pardonneraisément. «Mon père, dit-il, Dieu n’ordonnepas de faire du bien aux méchans. D’ailleurs,elle a son douaire , cent louis de pension : c’estassez , si elle veut faire pénitence de ses crimes ;et c’est beaucoup trop, si elle persiste dans saméchanceté». Il resta inflexible, et ne voulut