( 3 7 8 )
Supposez l'es impressions réunies, de ce que je viensde vous écrire, et vous aurez quelqu’idée de la situa-tion délicieuse o ii je me trouvai. Imaginez la variété,
3 a grandeur, la beauté de mille élonnans spectacles ; leplaisir de 11e voir autour de soi que des objets toutnouveaux, des oiseaux étrangers, des plantes bizarreset inconnues, d’observer en quelque sorte une autrenature , et de se trouver dans un nouveau monde :tout cela fait aux yeux ua mélange inexprimable, dontle charme augmenle|par la subtilité dcl’airqui rend lescouleurs plus vives, les traits plus marqués, rapprochetous les points de vue. Les distances paraissent moin-dres que dans les plaines, où l'épaisseur de l’air convi ela terre d’un voile. L’horizon présente aux yeux plusd’objets qu’il semble 11’eii pouvoir contenir. Enfin lespectacle a je ne sais quoi de magique,de surnaturel,,qui ravit l’esprit et les sens j on oublie tout : on s’ou-blie soi-même , on ne sait plus où l’on en est.
J’aurais passé tout le temps de mon voyage dans le -seul enchantement du paysage, si je n’en eusse éprouvéun encore dans le commerce des habitons. Vouslrouve-rez dans ma description un léger cravon de leurs mœurs,de leur simplicité, de leur égalité d’aine, el de cettepaisible tranquillité, qui les rend heureux par l’exemp-tion des peines, plutôt que parle goût des plaisirs. Maisce que je 11’ai pu vous peindre, et ce que l’on ne peutguère imaginer , c’est leur humanité désintéressée, etleur zèle hospitalier pour tous les étrangers : j’en fisuneépreuve bien surprenante, moi qui n’élois connu depersonne , et qui ne marcliois qu’à l’aide d’un conduc-teur. Quand j’arrivois le soir dans un hameau, chacuui