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Tome troisieme.
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venoit avec tant d’empressement m’offrir sa maison,,que j’étois embarrassé du chois. ; et celui qui obtenoitla préférence, en paroissoil si content, que , la premièrefois, je prenois cette ardeur pour de l’avidile; mais je fusbien étonné quand, après en avoir usé chez mon bote,à peu près comme au cabaret, il refusa le lendemainmon argent, s’offensant de ma proposition ; et il en estpar-tout de même : ainsi c’étoil le pur amour de 1 hos-pitalité , communément assez tiède, qu a sa vivacitéj’avois pris pour l’avidité du gain. Leur désintéresse-ment fut si complet, que , dans tout le voyage, je n’aipas trouvé à placer un patagon. En effet, à quoi dé-penser de l’argent dans un pays où les maîtres ne reçoi-vent point le prix, de leurs soins, et où l’on ne trouveaucuns mendians. Cependant, l’argent est fort rare, dansle Ilaul-Valais, mais c'est pour cela que les babitanssont à leur aise ; car les denrées y sont abondantes,sans aucun débouché au-dehors, sans consommationde luxe au-dedans , et sans que le cultivateur monta-gnard , dorit les travaux sont les plaisirs, deviennemoins laborieux. Si jamais ils ont plus d’argent, ils se-ront infailliblement plus pauvres ; ils ont la sagesse dele sentir : il y a dans le pays des mines d’or qu’iln’est pas permis d’exploiter.

J’étois d’abord surpris de l’opposition de ces usagesavec ceux du Bas-Valais , où, sur la route d’Italie, onrançonne assez durement les passans ; j’avois peineà concilier, dans un même peuple, des manières sidifférentes; un Yalaisan m’en expliqua la raison. « Dansla vallée, me dit-il, les étrangers qui passent sont desmarchands, ou d’autres gens uniquement occupés de