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Tome troisieme.
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leur négoce et de leurs gains; il est juste qu’ils nouslaissent une partie de leur profit, et nous les traitons,comme ils traitent les autres; mais ici, où nulle affaire11 appelle les étrangers , nous Sommes sûrs que leurvoyage est désintéressé : l’accueil qu’on leur fait l’estaussi. Ce sont des liotes qui nous viennent voir, parcequ’ils nous aiment, et nous les recevons avec amitié.Au reste, ajouta-t-il en souriant, celte hospitalité n’estpas coûteuse, et peu de gens s’avisent d’en profiter. —Ali ! je le crois. Que feroit-on chez un peuple qui vitpour vivre , et non pour briller? Hommes heureux oudignes de l’étre , j’aime à croire qu’il faut vous ressem-bler, en quelque chose, pour se plaire au milieu de vour..Ce qui me paroissoit le plus agréable dans leur ac-cueil, c’étoit de n’y pas trouver le moindre vestige de-gène, ni pour eux, ni pour moi ; ils vivoient dans leurmaison, comme si je 11’y eusse pas été: et il 11e tenoitqu’à moi d’y être comme si j’y étois seul ; ils ne connois-sent point l’incommode vanité d’en faire les honneurs,aux étrangers, comme pour les avertir de la présence-d’un maître, dont011 dépend au moins en cela. Si je ne-disois rien, ils supposcient que je voulois du moins;vivre à leur manière ; je 11’avois qu’à dire un seul motpour vivre à la mienne, sans éprouver jamais de leur-part la moindre marque de répugnance ou d’étonne-ment. Le seul compliment qu’ils ma firent-, après avoir-su que j’étois Suisse , fut de me dire que nous étions-,frères, et que je 11’avois qu’à me regarder chez eux,,comme étant chez moi ; puis ils 11e s’embarrassèrent pas.de ce que je faisois; ils n’imaginoient pas même que je-pusse avoir le moindre doute sur ht sincérité de leurs»