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se hâter de reconnoître les arbres et les arbrisseauxfrappes de la gelée : et il y a des signes positifspour cela ; la plus grande partie des arbres auroitpu être sauvée par des émondages avant la sèvedu printemps j mais les hommes du pouvoir,comme le vulgaire, s’abandonnent au cours destemps , croyant, les uns et les autres, honorer laSainte Providence , quand , au contraire , ellene cesse de crier aux hommes , de lutter aveccourage contre les fléaux et les plus insupportablesépreuves.
A la suite de ce fatal météore, malheureuse-ment encore , le peuple, ses magistrats et leGouvernement furent en proie à toutes les inquié-tudes d’une famine imminente.
Cette disparition subite et immense de tant devégétaux du premier ordre, si essentiels par leurexistence aux climats, aux sources et à tout, cequi fait le charme et le bien des champs, jetale Gouvernement dans des erreurs funestes quiaggravèrent, pour la postérité, le fléau de cettefatale gelée ■ on fit à l’envi des ordonnances, desactes et des prônes pour porter à faire des dé-frichemens, et il y eut partout un élan généralpour en entreprendre ; des arrêts du Conseil etdes déclarations du Pioi en autorisèrent, même aupréjudice du droit de propriété. Cet élan généralfut principalement porté sur les terrains que des
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