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lois et les coutumes avoient jusqu’alors maintenusen bois ou en pâturages , et partout on préféra lesol en pente, comme plus facile et plus fécond ;les dispositions contraires dans l’ordonnance de1669, ne furent point textuellement rapportées,Mais dans une telle crise on ne connoît plu®d’exception ; et nulle parties officiers du Roi, niles pères de famille meme, n’eurent le courage degarantir les terrains montueux de l’ardeur desdéfriehemens , qui d’ailleurs s’accordoient tropavec les intérêts particuliers.
La fin du règne de Louis XIV fut calami-teuse ; la révocation de l’édit de Nantes et lesdragonnades avoient jeté le midi dans la désola-tion , et l’hiver de 1709 avoit mis le comble àtous les malheurs. Le Français qui fuyoit sa patrie ,et celui qui luttoit contre le fisc, contre l’inqui-sition et la misère , échangeoient, pour du nu-méraire, tous les bois et les arbres qui étoientrestés debout ; les premiers eussent emporté ouvendu les boissons, les herbes et jusqu’à la su-perficie de la terre.
L’agriculture, le commerce et le crédit publicavoient perdu leur Mécène, le grand Colbert;la soldatesque, les moines et les sbires du fiscravageoient et désoloient les campagnes, les vil-lages mi-catholiques etprotestans n’offroient plusque des masures , dont les aydiers, les gabeloux
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