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tensité du froid, pourtant, n’avoit pas été extrême •car celle des années 1740, 17 55 , 1776 et 1788, aété beaucoup plus considérable.
Ce terrible fléau, dont je ferai connoître inces-samment dans mon Histoire de l’Agriculture, desdétails inédits, affligea néanmoins plus vivementles contrées de l’est et du midi, que celles del’ouest et du nord.
Les châtaigniers, les noyers, les amandiers etles mûriers, qui faisoientla richesse et l’ornementdes collines et des vallées du Languedoc, et lesoliviers de la Provence même, furent presque tousperdus. Ceux qui échappèrent furent tellementaffectés ou froissés dans leur organisation inté-rieure , qu’ils ne donnèrent que des signes d’unevégétation languissante ,• les chênes verts, quisembloient devoir le plus résister à cette intem-périe , et qui sont encore si beaux sur les montsde l’ïtalie, furent tellement attaqués qu’ils n’ontpu y reprendre leur ancienne vigueur ,• car ilsn’ofï'rent plus, sur nos côtes du Languedoc ët deProvence, qu’un triste aspect et une foible végé-tation.
Dans de tels fléaux, quand les gouvernans ontle bon esprit de consulter les hommes éclairés enagriculture et en physique végétale , on peut en-core réparer et même prévenir bien des maux.Ainsi la physique pratique enseignoit qu’il falloit