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sur les religionnaires , et de n’offrir en spec-tacle que des scènes de l’Histoire sacrée, fit im-primer à l’opinion du temps un violent mur-mure général contre les mœurs de la cour durégent.
Les évêques de la cour qui n’aimoient pas ceprince, parce qu’ils l’avoient toujours trouvé re-belle à se composer , et parce qu’aussitôt la mortdu Roi, il s'étoit hautement émancipé de leurtutelle , ne manquèrent pas , chacun dans leursphère, de décrier et de faire décrier le princeet sa cour. Le ton donné à la tradition et à larenommée, dont ils tenoient et dirigeoient toutesles bouches, loin de varier ou de s’afïbiblir, aretenti d’une manière unanime, non - seulementdans les livres sacrés, mais encore dans les pro-fanes. Les historiens, les poètes sérieux et ba-dins, les prédicateurs, tous enfin, excepté lesarts pourtant, ont signalé cette régence par desdiatribes, ou par des calomnies ; on a dit cer-tainement moins de mal de Louis XI, que durégent, et le régent, en comparaison , étoit unange du ciel. Il a été au surplus de-bon goût,comme de bon ton, de dire beaucoup de mal dela régence, et ce choc dure encore.
Les écrivains, même illustres de l’un et de l’autresexe, ont tous dans la suite exploité cette époquede notre histoire, comme une mine qui leur étoit