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d’en avoir obtenu la permission, et on ne conside'ra' " pas que ce fut un attentat à la propriété.
La disette des blés fit encore recourir le Gou-vernement à la fatale ressource des défrichemens,qu’il encouragea d’une manière extrême, et des-quels s’emparèrent des spéculateurs ou des com-pa nies d’intrigans ; de vastes concessions furentfaites : il y en eut même qui furent injustes • onvoulut en faire des entreprises de finance, et pres-que partout elles échouèrent, même au préjudicedes concessionnaires.
Les meilleurs fonds à défricher étoient ceuxqui appartenoient aux gens de main-morte et auxcommunautés. Ces fonds, en grande partie, dansl’origine, avoient été des bois, auprès desquels onavoit toujours fondé les monastères et les chefs-lieux des paroisses ; mais les moines, ni les com-munautés ne pouvoient aliéner • et on s’étonneencore que le même Gouvernement, qui a cru de-voir défendre au Clergé d’acquérir, ne lui ait pasaccordé la faculté de vendre.
17G6. Quoi qu'il en soit, le Roi, au mois d’aoùt 1766,
rendit une déclaration pour encourager encore lesdéfrichemens , et il fit remonter les faveurs qu’ilaccordoit de nouveau , à tous ceux qui avoientdéfriché depuis ty6a ; il y eut pour quinze annéesdes exemptions de tailles, de dîmes, de vingtièmes,de droits d’enregistrement et même de franc-fief.