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Fournir des bois propres aux aleliers de salpêtre,et ces bois, quoique peu importans par eux-mêmes , furent des occasions de nouveaux bri-gandages; la dévastation , comme la terreur, futpartout à l’ordre du jour ; on ordonna des coupesextraordinaires; les clubs indiquèrent , et les ad-ministrateurs nommèrent , agens de la marine lesplus audacieux disciples de Marat et de Robes-pierre , et aux voix de frères et amis, perruquiers,cloutiers, cordonniers, etc., ( tels que j’en ai vu ),tombèrent les plus beaux arbres, dans les futaiesnationales et dans les bois des particuliers; leschablis laissèrent des profits, les poutres diviséesen planches disparurent, et presque rien n’arrivadans les chantiers de la marine ; cette loi du i3pluviôse est une des plus désastreuses de la Con-vention. *
Les déprédations des forêts étoient d’autantplus grandes et actives, que le pain, grâce aumaximum, étoit fort cher et rare ; les femmes ,les enfans, alloient par légions , faire des chargesdans les bois, qu’ils vendoient jusques dans lesmarchés; là, pour les foyers, ici pour soutenirla vigne.
Cependant, malgré toute la suprême puissancedelà Convention , la disette devenoit générale, étles blés se portoient où il y avoit du numéraire. ’Les assignats, tant consolidés par des milliards
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