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Ce n’est point une fiction poétique de dire, quela coupe du pouvoir cliange , pervertit ou enivre;à peine compte-t-on des exceptions parmi les roisimprovises, parvenus à des tr n s que les Nationsn’avoient pas constitues.
Et en effet, un saint homme sorti de Port-Royal,un villageois, modèle des plus simples vertus , ungénéral qui auroit braté cent fois la mort pour lacause de la liberté, un magistrat digne de la vé-nération publique, un négociant l’arbitre dansson commerce, le savant ou le littérateur le plusmodeste ou étranger au monde, une fois portés àl’exercice du souverain pouvoir, perdroient in-failliblement èt leur gloire et leurs vertus ; et ceuxqui ne deviendroient pas de petits tyrans seroientpour le moins des suppôts de la tyrannie, ou cequi est pire peut-être, les dupes de quelques am-bitieux.
Le Directoire , il est vrai, succédant à un gou-vernement qui avoit déifié la terreur , arrêta desflots de sang qui tomboient des échafauds, et ilfît rentrer dans le néant une foule de misérablesqui, dans leur délire , avoient quitté leurs nomspour en emprunter de l’antiquité.
Les cinq directeurs, tous étiangers à leurs de-voirs, et semblables à des écoliers, s’adressoientaussi aux premiers venus, pour faire leurs thèmesdivers, car ils s’occupoient beaucoup plus de leurs