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ment toujours, parlemotdenature.Déjà , liélas, lesplus grands et magnifiques exemples en sont effacésdans l’Asie , et on diroit que c’est maintenant autour de l’Europe , à consommer l’œuvre diaboli-que de la dénudation des monts et des collines,pour bâter le règne des déserts.
Si les montagnes suffisoient pour faire des abris,nous n’aurions pas à gémir aujourd’hui de tantd’effets destructeurs dans notre température ; toutle midi n’exprimeroit pas avec autant d’unanimitéses regrets, ses reproches ou ses doléances sur lesdestructions successives des arbres les plus pré-cieux et de ses moissons,- si les grands végétaux,encore, n’étoient pas de vrais remparts indiquéspar la nature et parla raison, contre le froid et lestempêtes, et ensuite contre ces nuages qui vomis-sent la grêle, car l’immortel de Saussure a observéque c’est aux sommets des montagnes qu’il y a leplus délectricité, il n’y auroit donc rien de vraiou de positif dans les choses de la nature.
Si les arbres ne concouroient pas enfin à rendreplus fertile et à protéger tout le pays qu’ils domi-nent, Léopold, grand duc de Toscane, se seroitdonc abandonné à un vain système, en défendantsous de grandes peines, d’abattre les arbres quiexistoient sur les monts, et en ordonnant d’y enreplanter. Les vieux Suisses, plus sages que les mo-dernes , n’ont pas été des barbares, parce qu’ils